
Si le premier moteur fonctionnant à l'huile d'arachide fut conçu en 1890, le développement des biocarburants sous leur forme actuelle est récent. Il date des années 70 pour le Brésil et 90 pour l'Europe. Que nous réserve le prochain millénaire ? La Commission Européenne a développé un programme "ALTENER" dont l'ambition est de promouvoir et de développer l'utilisation des énergies renouvelables afin de répondre aux enjeux énergétiques et environnementaux européens. L'Union Européenne a la volonté de doubler la production d'énergies renouvelables pour atteindre 12% en 2010. Cette démarche doit permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de protéger l'environnement, de contribuer au développement durable et d'améliorer la sécurité de l'approvisionnement énergétique.
Une énergie renouvelable La biomasse est l'énergie en provenance des végétaux. Egalement appelée " houille verte ", la biomasse inclut les biocarburants. La croissance des végétaux dépendant de l'activité du soleil, les biocarburants sont donc une énergie renouvelable et, par extension, une énergie solaire. Les sources d'énergie renouvelables (solaire, géothermique, biomasse, éolienne, hydraulique, …) ont comme caractéristique commune d'être basées sur des flux naturels qui traversent de façon plus ou moins permanente la biosphère qui abrite tous les êtres vivants de la planète Terre. Comme elles n'utilisent qu'une partie vraiment minime de ces flux, les énergies renouvelables sont considérées comme inoffensives pour l'environnement naturel aussi bien localement que globalement. La période actuelle est très favorable au développement des énergies renouvelables : même si le contexte en France évolue lentement, les exigences de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixées au Sommet de Kyoto font que de toute manière nous n'avons plus le choix : les quantités de CO2 émises dans l'atmosphère en 2010 ne devront pas dépasser celles de 1990, or elles sont déjà aujourd'hui supérieures de 8% à cet objectif !
Principe de fonctionnement. Trois grandes catégories de biocarburants existent : l'alcool, les esters et les huiles végétales. L'alcool, dit " bioéthanol ", est produit par la fermentation des sucres contenus dans les plantes riches en sucre (betteraves, topinambours, canne à sucre...) ou en amidon (pomme de terre, céréales). Pour éliminer les difficultés techniques liées au stockage de l'éthanol, celui-ci est converti par une réaction chimique en un éther dérivé de l'éthanol : l'ETBE (éthyl-tertio-butyl-éther). Les huiles végétales dont obtenues par simple pression à froid et filtration de graines oléagineuses (colza, tournesol, coprah, palme, soja, arachide). Une tonne de graines de Colza fournit 0,3 tonne d'huile. Utilisations des biocarburants Le bioéthanol peut être utilisé comme carburant pour moteur. Il n'a pas besoin d'avoir le même degré de pureté que lorsqu'il est destiné à la consommation humaine. Les huiles végétales peuvent être utilisées comme combustibles dans des moteurs adaptés. En effet, si les propriétés physiques de l'huile s'apparentent à celles du gazole, sa viscosité ne permet pas de l'utiliser sans préchauffage préalable dans des moteurs diesels classiques.
Avantages... Les biocarburants participent à l'indépendance énergétique nationale. Au niveau local : la culture pour les biocarburants permet de valoriser la jachère imposée par la politique agricole, et participe au maintien des activités rurales. Pour l'environnement : Les huiles végétales pures sont peu consommatrices d'énergie intermédiaire. Le CO2 rejeté lors de la combustion des biocarburants correspond à la quantité absorbée lors de la croissance des végétaux. Il n'augmente donc pas l'effet de serre. De plus, la présence d'oxygène dans les molécules de biocarburant améliore leur combustion et diminue le nombre des particules dues aux hydrocarbures imbrûlés, ainsi que le monoxyde de carbone.
Alcool : ce terme d'usage désigne l'alcool ethylique, lorsqu'on ne fait pas explicitement référence à un usage comme carburant. L'alcool trouve ses débouchés dans les boissons spiritueuses, la chimie, la pharmacie, la carburation...... Biocarburant : Carburant constitué en tout ou partie de dérivés industriels obtenus après transformation de produits d'origine végétale ou animale. Equivalent étranger : biofuel. (Commission Générale de Terminologie et de Néologie, JO, 12/01/99) Biomasse : Ensemble de la matière organique vivante, formée par les plantes grâce à l'activité de photosynthèse, ou indirectement par les animaux. Pour la production d'énergie, on utilise des produits végétaux "nobles" (betterave, blé, colza...), mais aussi des "déchets" végétaux (paille, bagasse....) ou animaux (lisiers....). Ethanol : Alcool à deux atomes de carbone, de formule C2H5-OH (alcool ethylique). En France, on parle d'éthanol pour les usages en carburation (pur, en mélange à l'essence, ou après transformation en ETBE) et d'alcool pour les autres utilisations (boissons et spiritueux, chimie et pharmacie…). Effet de serre: une partie du rayonnement solaire est renvoyé par la Terre sous forme de chaleur (rayons infrarouges). Certains gaz formant l'atmosphère terrestre, et notamment la vapeur d'eau, mais aussi le gaz carbonique, piègent ce rayonnement émis par la Terre, comme dans une serre. Ce phénomène naturel permet de maintenir une température moyenne compatible avec la vie. ETBE : Ethyl Tertio Butyl Ether, composé oxygéné obtenu par réaction entre une molécule d'éthanol et une molécule d'isobutène (aussi appelé isobutylène). Gaz carbonique: ou dioxyde de carbone, de formule CO2. Présent naturellement dans l'atmosphère, indispensable à l'accomplissement de la photosynthèse, il n'est pas toxique pour l'homme aux concentrations habituellement rencontrées. C'est aussi un gaz à effet de serre dont la concentration croissante dans l'atmosphère du fait de l'utilisation exponentielle d'hydrocarbures fossiles (gaz, pétrole, charbon) contribue au renforcement de l'effet de serre et donc au réchauffement climatique. Réchauffement climatique : Du fait de la combustion massive de charbon, pétrole et gaz, nous enrichissons l'atmosphère en gaz carbonique. Ceci contribue au renforcement de l'effet de serre et provoquera une élévation de la température moyenne sur Terre (entre +1,4 ° et +5,8 ° d'ici 2100 selon le dernier rapport du GIECC). Sources d'énergie renouvelable : Ce sont des énergies de flux, non épuisables à l'échelle humaine, utilisant l'énergie du soleil directement (électricité photovoltaïque, chauffage solaire) ou indirectement (biocarburants, hydraulique, éolien....) ou utilisant la chaleur profonde de la terre (géothermie). Sources d'énergie non renouvelables : ce sont des énergies de stock, épuisables à l'échelle humaine. Elles sont formées des hydrocarbures fossiles (charbon, pétrole, gaz) et de l'uranium.
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